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Mon chien est diabétique

Vous venez d’avoir les résultats des examens de votre chien et le diagnostic est tombé : il est diabétique. Il s’agit probablement d’un diabète sucré, c’est le plus fréquent (il existe aussi un diabète insipide, plus rare). C’est une maladie grave, mais parfaitement gérable au quotidien avec un peu de rigueur.

Qu’est-ce que le diabète sucré ?

Les aliments que mange votre chien sont dégradés au cours de la digestion. Les hydrates de carbone (ou amidon) en particulier sont transformés en sucre et notamment en glucose, qui traverse la paroi intestinale et se retrouve dans la circulation sanguine. Il fournit ensuite de l’énergie aux cellules du corps.

Le passage du glucose dans les cellules est sous le contrôle d’une hormone, l’insuline, produite par le pancréas (une glande située près des intestins). Le diabète sucré est dû à un manque d’insuline disponible, qui peut s’expliquer par deux raisons :

  • Le pancréas n’en produit pas suffisamment ;
  • L’insuline, produite en quantité suffisante, n’est pas « reconnue » par les cellules.

> Les cellules du corps n’absorbant pas suffisamment de glucose, celui-ci reste dans le sang et la concentration sanguine en glucose (on parle de « glycémie ») augmente. 

Tous les chiens sont-ils prédisposés au diabète ?

Non, le diabète est plus fréquent chez les chiens en surpoids et faisant peu d’exercice, d’âge moyen ou avancé. Les femelles non stérilisées sont également plus souvent atteintes.

Comment se manifeste le diabète ?

Trois symptômes principaux permettent de suspecter un diabète :

  • une PUPD ou PolyUro-PolyDipsie : cela signifie que le chien urine plus (polyuro) et boit plus (polydipsie) ;
  • une perte de poids importante malgré un appétit conservé, voire augmenté ;
  • une léthargie : le chien est amorphe, abattu, passe beaucoup de temps à dormir…

Ces signes cliniques sont liés à la concentration importante de glucose dans le sang et/ou au dépassement des capacités de filtration des reins, qui laissent passer le glucose dans l’urine.

> Des manifestations beaucoup plus graves peuvent survenir si aucun traitement n’est rapidement mis en place : perte d’appétit, déshydratation, respiration anormale et lente, vomissements, coma… Le chien est alors en crise d’acidocétose diabétique (urgence absolue).

Comment confirmer un diagnostic de diabète ?

Les symptômes sont généralement suffisamment évocateurs pour orienter le diagnostic. Toutefois, pour le confirmer, votre vétérinaire va procéder à :

  • un prélèvement urinaire. L’analyse de l’échantillon recueilli permet d’évaluer la quantité de glucose dans les urines et une éventuelle infection urinaire. La présence de glucose dans les urines ne signifie pas forcément diabète mais il y a toujours du glucose dans les urines avec un diabète sucré ;
  • une prise de sang. Une hyperglycémie (augmentation de la concentration en glucose dans le sang) est un élément important, mais elle ne suffit pas à elle seule à établir un diagnostic de diabète sucré. Il est également possible de doser la fructosamine qui reflète l’équilibre moyen de la glycémie des 2 à 3 semaines précédant le dosage ;
  • un examen général. Il permet d’éliminer d’autres hypothèses de maladies. Le syndrome de Cushing, l’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance hépatique par exemple sont des maladies dont une partie des symptômes ressemblent à ceux du diabète sucré. Ces maladies pourraient être un obstacle au traitement du diabète.

> Le diabète entraîne fréquemment des infections urinaires à répétition (la présence de sucres dans les urines favorise le développement de certaines bactéries pathogènes), une cataracte (opacification du cristallin pouvant conduire à la perte de la vision d’un ou des deux yeux), des problèmes de cicatrisation des plaies et/ou une plantigradie (le chien marche sur la plante de ses pieds). Votre chien peut, au moment du diagnostic, déjà présenter l’une de ces complications.  

Un traitement est-il possible ?

Il est impossible de « guérir » le diabète, mais un traitement médical (traitement à vie à base d’insuline) et des mesures diététiques et hygiéniques permettent d’améliorer la santé de votre chien et de lui assurer une qualité de vie correcte pendant de longues années.

Le but du traitement est de maintenir la glycémie dans des limites acceptables. Il repose sur des soins quotidiens et réguliers.

L’alimentation

C’est un point clé du traitement. L’aliment idéal doit contenir peu de graisses et de sucres rapides, des sucres lents en quantité importante (ils permettent la libération de glucose de façon étalée dans le temps), des protéines de haute qualité et beaucoup de fibres. Il existe des aliments spécifiquement formulés pour les chiens diabétiques, qui permettent déjà à eux seuls de faire légèrement baisser la glycémie. Les repas doivent être proposés tous les jours à la même heure. Le but est de faire coïncider le pic de glucose qui suit le repas avec le pic d’action de l’insuline, ce qui évite de trop grandes variations de glycémie. Mieux vaut éviter de distribuer des friandises en dehors des repas. 

Des injections d’insuline

Le protocole de base nécessite 2 injections d’insuline, mais en cas de difficulté, des alternatives à ce protocole peuvent être trouvées (changement du type d’insuline par exemple). Les injections d’insuline sont souvent redoutées par les propriétaires de chiens diabétiques, mais elles sont pourtant très faciles à faire : elles se font sous la peau, les aiguilles utilisées sont très fines, les quantités d’insuline à injecter sont faibles, ce qui fait que le chien est généralement coopératif. N’hésitez pas à demander à votre vétérinaire de vous montrer le bon geste, et répétez-le avec lui autant de fois que nécessaire. Si vraiment les injections vous impressionnent, il existe maintenant des « stylos » à insuline, dont l’utilisation est jugée plus facile.

> Les flacons d’insuline doivent être conservés au réfrigérateur et agités doucement avant utilisation. Il ne faut pas utiliser de l’insuline dont la date limite est dépassée.

La dose initiale d’insuline est établie selon le poids du chien. Il est ensuite nécessaire de procéder à des ajustements en fonction des résultats obtenus. Votre vétérinaire vous demandera probablement de noter les quantités d’eau bue et d’urine émise par votre chien ; il peut également vous solliciter pour prélever et analyser des échantillons de sang et d’urine. En effet, les prélèvements effectués au domicile du chien, sur un animal moins stressé qu’à la clinique vétérinaire, sont souvent plus fiables. Là encore, pas de panique, ces gestes sont très simples à faire et votre vétérinaire vous montrera comment prélever une goutte de sang à l’oreille de votre chien (à déposer sur une bandelette qui sera ensuite analysée par un appareil appelé glucomètre) ou recueillir son urine dans un récipient propre (le taux de glucose est ensuite estimé grâce à une bandelette).

En fonction des résultats obtenus, la dose d’insuline et la fréquence des injections peuvent être adaptées. Votre vétérinaire peut également hospitaliser votre chien quelques heures pour établir une « courbe de glycémie » qui permet d’ajuster au mieux l’insulinothérapie.

Un exercice adapté

L’exercice est nécessaire au chien diabétique car il permet d’utiliser le glucose en excès dans le sang. Le niveau d’activité doit être constant et régulier.

Enfin, si votre chienne est « entière », il est probable que votre vétérinaire vous conseille de la stériliser avant la mise en place du traitement à l’insuline. En effet, après les chaleurs, les ovaires de la chienne produisent de la progestérone, une hormone qui permet la gestation mais entraîne une résistance au traitement par l’insuline. L’ablation des ovaires permet de régulariser les besoins en insuline de l’animal.

Il est impossible de donner un programme type des injections d’insuline, de la distribution des repas et d’exercice physique, chaque cas étant particulier. C’est à vous et à votre vétérinaire d’instaurer un programme adapté à votre chien, à votre mode de vie et à vos disponibilités. Un suivi régulier est ensuite fondamental, les besoins en insuline pouvant varier au cours du temps.

Vous pouvez mettre en place un « carnet de suivi » de votre chien dans lequel vous noterez régulièrement son poids, les quantités d’insuline injectées, les résultats des glycémies, une estimation des volumes d’eau bue et d’urine émise, l’activité physique… Le volume d’eau bue, en particulier, est facile à estimer et très représentatif de la glycémie ; une augmentation se repère aisément et est un bon « signal d’alerte ». Il existe également des applications pour smartphone ou tablettes qui peuvent grandement vous simplifier la vie !

> Le plus simple et le plus sûr est qu’une seule personne du foyer soit responsable du chien diabétique, au moins pour les injections d’insuline et l’alimentation. Cela évite les « doublons » dont les effets peuvent être désastreux…